Elena Marchetti, YuSMP Group
Elena Marchetti Head of Product (SaaS), YuSMP Group · Accompagne des équipes américaines et européennes dans leurs feuilles de route data, IA et produit
Bureau technologique lumineux en France : une équipe d'ingénieurs data et IA collabore devant de grands écrans affichant des tableaux de bord de données

La réponse courte

Onepoint prévoit 600 recrutements d'ici fin 2026, dont 350 en data et IA, sur un objectif annuel de 1 200 embauches — 800 en France. Le groupe, qui vise 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2029 contre environ 600 millions aujourd'hui, place la data et l'IA au cœur d'architectures cloud sécurisées.

Le signal dépasse un seul cabinet. Quand les acteurs du numérique se battent pour embaucher des centaines de profils data et IA, c'est que la compétence est devenue le vrai goulet d'étranglement des feuilles de route. Pour les entreprises qui ne peuvent pas recruter à cette échelle, la question n'est plus « faut-il un logiciel ? » mais « comment sécuriser les ingénieurs qui savent le livrer ? » — d'où le recours croissant au renfort d'équipes et aux équipes dédiées.

Ce qu'a annoncé Onepoint

Onepoint, l'un des principaux groupes français indépendants de conseil et de transformation numérique, a détaillé mi-septembre 2026 une campagne de recrutement de grande ampleur : 600 postes à pourvoir d'ici la fin de l'année, dont 350 dédiés à la data et à l'IA. Ces embauches complètent les 650 personnes déjà recrutées à fin juillet et portent l'objectif annuel à 1 200 recrutements, dont 800 sur le sol français.

Le groupe a prévu des opérations de recrutement dès octobre dans sept villes — Paris, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Aix-en-Provence et Strasbourg. La cooptation, qui pèse environ 35 % de ses embauches, sera de nouveau fortement mobilisée. En creux, cette mécanique dit la difficulté du marché : à ce niveau de volume, on ne recrute plus seulement par annonces, on active tous les réseaux disponibles.

Cette vague sert un plan stratégique baptisé « Onepoint 2029 — Infinite possibilities », qui vise 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon 2029, contre environ 600 millions aujourd'hui. Ses piliers : placer la data et l'IA au centre d'architectures cloud sécurisées, faire monter en compétence les collaborateurs, et se développer à l'international (Europe, Amérique du Nord, Afrique) avec l'ambition d'ouvrir au moins un pays par an. L'arrivée d'Anthony Cirot, ancien de Google Cloud, au poste de directeur général adjoint au développement, confirme l'orientation cloud et IA du groupe.

Pourquoi ce chiffre est un signal de marché

Un cabinet qui embauche est une nouvelle d'entreprise ; un cabinet qui consacre plus de la moitié de ses recrutements à la data et à l'IA est un indicateur de marché. Le message adressé aux directions techniques est clair : la demande d'ingénierie data et IA dépasse largement l'offre de profils qualifiés en France, et cette tension ne se relâchera pas à court terme. Les enquêtes récentes le confirment — la majorité des entreprises françaises déclarent utiliser l'IA générative, mais peinent à passer du pilote à la production, faute de compétences pour industrialiser.

Le déséquilibre est aggravé par la nature des profils recherchés. Il ne s'agit pas de recruter « des développeurs », mais des ingénieurs capables de structurer un socle de données fiable, de mettre en place des pipelines et du MLOps, de concevoir des systèmes de récupération augmentée (RAG) qui citent leurs sources, et de faire tenir tout cela dans un cloud conforme et sécurisé. Ces compétences composites sont précisément celles que les grands acteurs préemptent, ce qui renchérit encore le coût d'accès pour les entreprises de taille intermédiaire.

S'ajoute une dimension de souveraineté propre au marché français. Le plan d'Onepoint insiste sur le « cloud sécurisé », en écho aux exigences croissantes autour de SecNumCloud, de la directive NIS 2 et de la résidence des données en Europe. Pour beaucoup d'organisations — secteur public, santé, finance —, l'IA utile n'est pas seulement performante : elle doit être hébergée, journalisée et auditée dans un cadre maîtrisé. Cela ajoute une couche d'exigences d'ingénierie que peu de profils savent traiter de bout en bout.

Comment les entreprises tiennent leur feuille de route

Rares sont les organisations qui peuvent recruter 350 profils data et IA en un semestre. Pour la plupart, la question devient : comment livrer les projets alors que le marché du talent est asséché et que les délais d'embauche s'allongent ? Trois leviers se combinent en pratique, et aucun n'est exclusif.

Le premier reste le recrutement interne sur les rôles structurants — ceux qui portent l'architecture, la donnée métier et la conformité, et qui doivent rester dans l'entreprise. Le deuxième est le renfort d'ingénieurs expérimentés en staff augmentation, pour absorber les pics de charge ou combler une compétence manquante sans allonger un cycle de recrutement de plusieurs mois. Le troisième est l'équipe dédiée — un groupe stable d'ingénieurs qui prend en charge un périmètre entier, souvent en nearshore, avec un recouvrement horaire suffisant pour travailler au rythme des équipes internes.

La ligne de partage n'est pas « interne contre externe », mais « ce qui doit rester maîtrisé contre ce qui peut être délégué ». L'architecture cible, la gouvernance de la donnée et les décisions de conformité restent au centre ; l'exécution — pipelines, intégration, mise en production, tests — peut être renforcée par des partenaires, à condition de garder des interfaces claires et une documentation vivante. C'est exactement la logique d'un dispositif de développement en équipe dédiée bien cadré.

Ce que les équipes devraient en retenir

Que l'on dirige une DSI, une ligne produit ou une PME en croissance, la course aux talents que la campagne Onepoint met en lumière suggère quelques décisions concrètes :

  1. Distinguer les compétences à internaliser des compétences à renforcer. Architecture, donnée métier et conformité restent chez vous ; l'exécution peut être augmentée.
  2. Recruter pour la rareté, pas pour le volume. Un ingénieur data/MLOps senior qui structure le socle vaut mieux que plusieurs profils juniors sans encadrement.
  3. Traiter le cloud sécurisé comme une exigence d'architecture. Résidence des données, journalisation et conformité (RGPD, NIS 2, SecNumCloud) se décident dès le départ, pas après.
  4. Ne pas laisser la pénurie geler la feuille de route. Le renfort d'équipes et l'équipe dédiée permettent d'avancer pendant que les recrutements clés aboutissent.
  5. Documenter pour rester maître. Interfaces claires et documentation vivante sont ce qui rend un renfort externe réversible et sûr.

La campagne d'Onepoint n'est pas un épiphénomène RH : c'est le symptôme d'un marché où la compétence data et IA est devenue le facteur limitant de la transformation numérique en France. Les organisations qui tiendront leurs promesses ne seront pas forcément celles qui recrutent le plus, mais celles qui sauront combiner talents internes, renforts ciblés et équipes dédiées — tout en gardant la main sur l'architecture, la donnée et la conformité.

Questions fréquentes

Qu'a annoncé Onepoint à propos de ses recrutements ?

Onepoint, groupe français de conseil et de transformation numérique, prévoit de recruter 600 personnes d'ici la fin 2026, dont 350 profils en data et IA. Ces embauches s'inscrivent dans un objectif de 1 200 recrutements sur l'année, dont 800 en France. Le groupe avait déjà recruté 650 personnes fin juillet 2026. Des opérations de recrutement sont programmées dès octobre à Paris, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Aix-en-Provence et Strasbourg.

Qu'est-ce que le plan Onepoint 2029 ?

Baptisé « 2029 — Infinite possibilities », le plan stratégique d'Onepoint vise 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires à l'horizon 2029, contre environ 600 millions aujourd'hui. Il repose sur trois piliers : placer la data et l'IA au cœur d'architectures cloud sécurisées, développer les compétences des collaborateurs, et étendre le groupe à l'international avec l'ambition d'ouvrir au moins un pays par an. Anthony Cirot, ancien de Google Cloud, a rejoint le groupe comme directeur général adjoint au développement.

Que doivent en retenir les entreprises qui construisent du logiciel ?

L'ampleur de ces embauches confirme la rareté des profils data et IA en France. Toutes les entreprises ne peuvent pas recruter à l'échelle d'un grand cabinet ; pour tenir leurs feuilles de route, beaucoup combinent recrutement interne, équipes dédiées et renfort d'ingénieurs. L'enjeu n'est pas seulement d'obtenir des développeurs, mais de sécuriser des compétences en ingénierie data, MLOps, RAG et cloud sécurisé, tout en gardant la maîtrise de l'architecture et de la conformité en interne.

Sources

ChannelNews — Onepoint veut recruter 600 personnes d'ici la fin de l'année, dont 350 dans la data et l'IA
ESN News — Onepoint recrute 600 nouveaux talents IA native en moins de 4 mois
Onepoint — « 2029 — Infinite possibilities », le plan stratégique du groupe